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AURA VIVE

©Lambert Savigneux


oh primavera ,
première vérité du voir


l’éclatement
avec les rayons de l’aube
enluminures
comme l’émergence des lueurs


hors de la nuit la proie en dormance

et irrupter !



en advenir aux rêves
effacer la prépotence

écorce mâle du périssement


l’été assaille
la sève assèche en défaillance

l’air escogriffe au désert


En résonance lumineuse
le monde en bosse
s’arqueboute
les feux aux couleurs



Eveillé


l’éclat diffuse
le mat étale


reliure sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
la source jaillit des fosses ombrées


en cristal
en aube

finalement


l’or et l’émeraude
enluminent le doux balancement d’un conte
et bercent


le phrasé distille
intitule une soif dans le voir
les voiles d’une épopée
à la conquête du jour


rythme et souffle
comme un vent sans limite


ouvrent les crevasses de l’ombre


entre corps et ajour

les tâches
en acupuncture subtile


vague au sable
dentelle d’algue

en pigment



le plan du couchant à la surface


comme en ile
s’accrochent
les points du réel
qui s’attouchant


dessinent au parcours le trajet enchanté



l’aval
en franchissement
s’inscrit
dans le passage


vide

hors de toute forme

relie


de houles
en heurts


s’illumine aura

entre vue et toucher

vive



la danse de l’oeil
préconise le mouvement
à déchirer l’espace


foyer vivant à l’œuvre


une luminosité


un espace



voir le monde
comme lumière vaste
étale


les éléments
entrecroisent
la couleur



opale

simple son du mot

geste

proche des toujours


le visage de mer


son corps bleu devant la mer

le regard perdu
de crêtes en crête
la tristesse l’étreint


ce manque comme un murmure

de vague en vague


les lèvres ouvertes
les abeilles pollen
se ruent à la fleur d’une paume


ce creux de dune
pourrait être une eau
pourpre
mais elle descend


en creux violet


crescent

crépuscule

à l’ancre du mot


comme une écume musicale

les yeux se mêlent
ils s’en souviennent
le corps s’humecte



trajectoire
à l’arc en cercle

en trombe l’eau


lui dit
en vie
lui dit
la mort

pour l’instant réuni


radial
insoumis


le mouvement incessant lui plonge en songe



l’écart enlace à l’ensemble
ce n’est que là où se rejoindre


les oiseaux

planent en vol oblique

droit fil de l’eau


ce refuge

décline

à l’issue de la nostalgie


sonner noir de son

il faudrait écoper au ras des jours
pour demeurer à flot


sachant qu’il faut ramer pour arrimer


tout embrasser dans un feu résilient

en marge des gris

les noirs se foncent et rythment des clairs



l’é
la voile étire et touche à l’air qui enfle

aléas marins et vents de glace
les deux ailes en étoile


c’est embraser
l’espace au dessus
se soumettre à l’accord
à l’étroit des bas


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