BELLE AU SANG
©Lambert Savigneux
Même si on ne la connait pas- qu’il faut frapper à la porte fermée- interroger l’invisible de derrière la porte fermée ?
Faut il se contenter de laisser vivre ce qui pousse ou déborde, se bander, propulser l’informe et oser provoquer? Embourbé suivre les méandres qu’a fini par creuser la pensée
Est-ce la poésie cela? Claquer la porte à la claquemure.
Se laisser revivifier par le vent froid gifle du réel, mais qu’est ce le réel, une surprise un élan inusité une piqure de froid, une brûlure ?
Et, assuré, sauter, Ce bond en est la condition, au seuil de l’air le déchainement de l’entre-deux pas. Rester en phrase avec le brut, écrire le long des lignes de faille, On pourrait bien parler de Pan, de ravissement de rapt d’émerveillement,
Surement les mots trouveront la rive du sens une fois l’acte accompli et les sens au repos, l’homme augmenté reprendra le rêve, serait ce que la poésie n’est que là dans le leurre au sens où l’entend le chasseur ?
Voulant dire que toujours les mots accrochent la métaphore, se servent du réel en miroir, contemplent au sens la contemplation. l’entrevu.
N’est ce pas justement l’écart qui me force à harnacher de mots, à reclure pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs ; et s’effondrer les murs de chair, vent de ce que je me crois permis de mes tréfonds.
L Savigneux -2008
ERIN
Cathy
Tes vents jaspe l’ire comme Eire la mer comme jupe fend l’air vert du vent et tu le chant tu encercles et tu tourne lourd fer et la tourbe réiterre le vert l’enveloppe brune
dans les creux des yeux s’emballent une ronde triste chamaille de peau tendu au bleu c’est les fleurs comme pleurs et l’âpre lumière ce sédiment ou poussent les nuages à fleur de ciel le ciel et elle s’égare dans les gris pendant que tout tourne au bleu soudain inaptes les couleurs n’en sont pas
Belle
le repos de peau
la chaleur
au frisson vague
le visage
haut
dit cette plume de l’air
Vu dans le ciel qui rouges les cheveux roulent noués comme une corde douce tressée d’un vœu millénaire jamais accompli L’Amour ce mot orage déverse et brûle l’A que je poursuis comme libération Ambre comme rasade nerf de la brûlure ou brisure sans laquelle je ne suis plutôt moi et que je fuis
Suis-je presque île dans le désert bleu de ce ciel qui court dévale océan
à ta recherche sans route ?
Beau ciel qui en robe vois le beau visage noir bleu d’ébène plombe comme un survol un sourire comme jointure mes yeux bois bouses ce tien visage j’en trouve les traces quand crache la mer les cheveux soie de sable grain fins tes peaux se font roulade et la chaleur ? Onde des crêtes d’écume on entend la voix qui tonne s’échancre elle déverse la couleur délure la vielle en bande fine la croix d’or en herbe lumineuse transparait le rythme au fil et voile velours la langue barde roule femme comme gitane et l’ouvre sur l’air
Comment quand le ciel s’enveloppe de la tristesse apparente le monde comme manteau de pluie quand les arbres déchirent les élancées fragiles et s’écroulent dans les mousses qui les recouvrent que les étoiles se plient à danser des pas filants en tous sens
À bout d’espace incohérent dans un feu comme glace le rythme tempête et les barrières de griffes ne permettent plus mon corps sans autre que dormir
Pelisse le vent à dos de jambes chamanes Os sur roc dévalent le hennir et gémir la queue en éclair je me souviens cul sur dos je défiant la beauté à dos d’étalon la folie stellaire et les constellations gemmes les muscles comme avalanche c’est le galop une transe ou perce à ruade la montagne dans l’œil complice on croit enfin voir la force rue se passe en une alliance entre ciel l’ailé et poumon en globe le monde en un trait enfin perçu
C’est la foudre qui répond le cheval lui te regarde étonné surhomme qui se laisse dépecer par le feu aveuglé transpercé sang lance à terre pour ce qui n’est qu’un jeu hors de portée
Autre nom offert à la fierté millénaire l’herbe crie un accord et la laine recouvre comme steppe la vie libre se décide en galop et apaise le temps
Humer l’air
humide brume
Pour ainsi dire l’herbage est prélude au jambage
Le Temps sans prise décline et l’œil conte l’auvent sans entrave se choisit lieu de broussaille comme hêtre une haie rousse fendre doux l’ironie dans le vertical
Est-ce baiser de sel le simulacre au crin à galop fou sur la terre sans fin c’est du fond des âges les os le son résonne sur la peau le bois de rose se pousse en creux les enclos de tâches ocre nef et nœuds Crinière rousse comme femme cheveux caballe grive houle poivre grêle et l’allure haute cède devant l’abrasif d’une nuit de foudre Est ce baiser ou bocage libre desserre la terre sans faim
Et un jour à Sligo l’herbe étendue en plaine sur la pierre qui concassée en murets te faisait une robe tachetée comme un parquet de fleurs ambre violette car le ciel illuminé en cavalcade grise renvoie cette illusion d’une peau tendue si douce et si rugueuse tourbe hagarde aveuglantes efflorescences les nuages prouvent que l’air dévale comme cheval ivre et enroule le monde en manteau l’ire au vent.
ALTAN
Les lèvres remuant la peau ce peu de chair dévoile les mots l’empreinte y laisse une secousse l’embrase qui s’il faut le nommer de chevelure cheval en torse de muscle tremble sous la pression se tord comme un vent qui vole gifle comme des arbres secoués dans la furie du temps les branches injurient des flancs la rage un spasme du cœur exige de respire
Jambe repliées en maison sur moi, qui dresse les poutres ou la sueur de vivre nous recouvre en peau caprine le temps rêche durcit le sillon comme cuir et nous en dessous
Cette distance je la caresse comme un torrent qui mène à la mer comme une faille d’où surgit la lumière ma propre obscurité nourrie des dessins à l’ocre de peau la blancheur de l’esprit m’habite la fermeture pesante de la roche qui en cercle me laisse libre par inadvertance un chant qui toise me replace de la question au fétiche couche de cendre abandonné au coin du feu il ne sert plus sans doute et l’a t’on laissé là à demi calciné pour pagayer à la chanterie des sons-mondes Où les questions rugissent des certitudes enterrées à moitié découverte en termes de peut être à jamais
Les entendant je caressais l’arbre dans la cour et fit quelques pas illuminé en lune et le torse tendu mes pas sautant rejoignent le chemin effacé cette draille recouverte de buissons épineux de pierres brise pieds les sabots torrent et l’attention qui gronde
l’autoroute et les arches bétons ondulaient pourtant à coté à deux pas entre deux juste à traverser Désopiner la ligne blessure la voie est une faille et la mer pleine immensément en répons d’une même lancinance également veine mais la femme regardait de ces yeux parole et s’enfonça dans la forêt moi sur la plage l’océan en réson voyant cela je pris mon ouverture et mes yeux apprirent
Puissance tellurique le poids comme un chemin tracé de terre nos humanités droite quoique courbe la couleur teinte terre et eau et ciel et chaud mais surtout replis de bois brulé brève une voix hors de doute combuste à la réflexion Demeure frêle comme une forêt on pourrait bien abattre l’éphémère mais dense et presque pierre reste la mémoire strate à jamais dans le vif fragilité du temps face à l’inclu rebelle même réduit à un chainage le cri du bois abattu calciné mais revivifié dans le cri Nuit de se sentir ce nuage ? Cache d’ombre le soleil corps et lueur salive acharné à offrir l’eau la soif serait épuisée et nous allongés
Et nous étions tous serrés contre la peau de l’ours et nous nous élancions vers les confins de la terre en poudre d’ocre le granit nous rudoyait et nous chantions la rive indicible
L’ambre épuisée l’œil ivre s’est retourné et étonné se démit en ondes diffuses accalmie de l’ombre dans la permanence sombre la rage qui gronde ou mon totem d’ours là haut c’est mis à ronfler la vue en renflouement saluerait le sommeil l’esprit côte à côte s’endormirait ?
Songe tes traces pourpres reluisent dans le jet de la mémoire taisent s’enchaine il remonte le temps le rythme ne calme pas l’attente il remonte le temps et frappe la terre comme un retour de tombe et retombée danse et piétinement la vitesse aux ailes de glaise le roc dur est envolé la brisée de rive le pas accordé à l’oiseau
Le vert terre encore de ce vent ondé raconte l’exode et le rêve la puissance accroché à l’euphorie du glapissement
À l’ouest de l’Orénoque le quotidien est véloce une chiromancie décime l’épine dorsale bouée une bouffée blonde onirique
Our le fleuve s’y noyer et renaître endeuillé du parfum magique comme une langue maternelle oubliée ou les sons des mots que la source cristalline éparpillej’en reste au son qui relie les fils à ma nuit épanouie fertile en corolle nénuphar sur une eau Mires voltées étoile de sens
Quant à moi ma hache à la main j’acharne à briser les barrières d’un bois serré dont on fait les prisons à tomber pour transpirer la lumière d’une caresse enfin libre mes murs de fer laissent l’aspire d’une aube charnelle envoler les lèvres pour qu’un mot se dessine à se poser sur ta main dégantée mes yeux déglués se sentent lisse et toucher la douceur à la rencontre le long du lin fines les hanches de l’atlante perçue le bois se fend le fer fond fébrile d’un cumul effleuré
violence la détente bouleversée d’une encre dissimulée prise au collet la peau rapproché s’est tremblée d’une fleur murmurée
AMARI
Face à face millénaire le fromage en pis à l’abri des coups de crocs dans les estives les pâquerettes à l’ombre pyrénéenne
L’herbe sûre se durcit en cime belle la veillée de laine emmitouflée noire les arbres moires houlent en écho giflent les feuillures d’un tracé ocre par tiges et penchant graves les troncs bas sourds les laies comme portée rayures qui presque cèdres se suffisent hêtres brèche embûchée les clairières assouplissent aux ramées d’arbres
Manteau pesantes touffes de bure l’étole se flanque d’étin roches sonnailles clochent en atout crin
Crocs en jambes poils les deux boules se hérissent s’affrontent au recul millénaire arriment la sagesse animale aux strates réitérantes du temps
Respire comme un souffle l’homme expulse la parole explore le vide et habite comme un écho aller de soi à soi et en cheminant arrime l’Autre mais comme un autre soi ou comme un Autre de soi à soi en chemin en halte de parcours en rebond capté réverbéré renvoyé comme d’une paume flanc de cette main qui rencontre et projette en bond de force le corps imprime les champs pelote au front du fronton mire en dur pentes les vallées ces pierres entassées en art où le soi à soi résonne une eau au mur du lien le défi martèle la douleur
Ce râle comme un écho des montagnes aux troupeaux pistes ouvertes au flanc du vertige dessin transhumant un profil où voir accepte de renvoyer Qui de la balle ou des blocs de pierres insuffle le mouvement mes pas rivés aux points de lumière qui relient les étoiles aux crocs de la terre tissent un chemin à parcourir dans le noir si sûr que jamais lueur du jour claire cet Orion et congénères me parlent cette langue immuable que je ressasse aux accroches de mes pieds
Fixation des neurones en écarts d’étoiles
Ce libre écart comme un vent ramène au rivage cette grande ourse en ligne circonflexe des ras aux accroches rythme le sentier ce libre rebond est-ce la paume ou le cannelage empreinte l’entretas carré mégalithes comme les bornes des chemins ce vouloir-balle est-ce le filin à errer l’allant du sentier dans un maillage étroit le filet en piège à ours.
La vision d’une terre qui enserre me rappelle à ma réalité d’exil le chant improvise une mélodie et résonnent du chaos du pas marche et déchire le tissage du monde comme un passage pris entre ces deux ancres l’une amarrée en vol l’autre fine comme une soie solaire
Forme blême en alignement oblique cet épouvantail comme une larme pend en haillon la déchirure hagarde sol de gel la brume brise les assauts le fil du chemin se hisse aux chênaies débris des carènes les pas rythment ocre les brindilles tonnent de pourpre et roussent les abris de l’air relent de mauve verdure entre orience et l’écarlate des versants en pluie bruine l’occident baille mythe cycle et rythmes arrachent le pleur noué de la nuit le jour carné se tait en naissant herbes frémissements de myrtille
Un rythme renaissant
Un hiver à la brume les assauts de l’humidité ce trajet parfois permettrait des percées les neiges abruptes peut être une niche au creux des vallées si tu te penches tu vois des cavernes en friche aux pieds des blés derrière la porte deux poteaux entrecroisent le branchage et parsèment le rouge au toit le chemin est à prendre et se perdant dans les baies sauvages mûres et chênes hachés au son taillé cerises rouge noires et dièse à la lune
L’émotion étreint en écoutant le chant ravir la beauté s’ouvrent les roches les rousses douces sur l’aspérité la mer en rive gonflée dans mes paupières mon ventre rythme la lancinance mes lèvres en drapeau fières ma langue le fer de mon à pic lèvre et yeux se fondent à la brume et rêve le roc dressé
Au loin la poésie et la voix riment à l’âme en écart le visage eurythmie élancée polyphonique les voix tissent une histoire unique en fond le visage en métamorphose obstinée chante
En chaque femme la fringale du corps à l’orage du regard en rire le visage ponctue des cents renoms aux pigments d’une peau cent fois recommencée en arbres les corps aux velours les collines s’accentent l’auroch en percement d’aigle les ailes fébrile aux bras des étendues en équilibre désordonné sur la poutre des temps les regards s’échouent sentiers les corps rebondis toujours les mêmes.





octobre 28, 2009 at 7:48
c’est tres beau ce que je lis là
bravo mon grand
je vous embrasse
vous lemeritez
octobre 28, 2009 at 1:53
merci Andrea , pour ces encouragements ; ce que vous faites aussi c’est très beau , ! tenez je vous embrasse aussi! lam