LS

Qui es tu, toi qui m’écoute dire ?  à un moment ou un autre je te poserais la question en rebours, en retour,

peut être mes mots ne sont que le reflet de l’embryon de la question

le rythme dans le silence, dans le taire, l’espace de ce que j’entends ne peut qu’à son tour interroger

qui est tu ? toi qui me regarde m’écoutant, toi qui prend place face à moi

à quoi se résout cette attention, ta présence au sein de ma parole prétend fixer l’axe dans ton entour

au mur de tes yeux, lettres, phrases, lignes, sens que tu impliques

mais ta présence bouleversante dans l’espace ne peut qu’à son tour formuler la vraie raison et ta quête t’amène à me scruter

ramène contre ton attente l’aveu de l’existence à la page de mes yeux,

lettre, mots de ma parole tu entendrais ramener la nudité angoissée voir est vain

je te laisse en prendre la mesure, oublier la question autant que la réponse

aveugle, c’est le temps et la marée de sable que le vent enfouit en amoncellement bref de silence,

tu, relatif,

y laisses la trace,
tue,
le mot résorbe la vrille de mon chant, démembrement du toi à moi

énigme de l’entre-deux dont tu tentes de t’emparer, l’air n’a pas plus de consistance que ton être-là écoutant la divagation de la question

aussi sur que tu es là, Je ne se laisse pas poser, ta présence est question que seule ta présence absoudrait

tu en est le maître ou est-ce une feinte dans l’énoncé à l’espace de nous-deux, il te faudra le reconnaître.

L S 2005

est ce le feu
cette touffe cendrée
le givre
dissout l’étreinte

la  violence du choc fut telle
qu’île en elle
en trombe le bleu soudain
par l’éclat des yeux
évanouit le jour

allumé
le feu regorge
d’amertume
cette ride à l’espérance

astre majeur le gouffre
tombe
aspire l’ajour
rive
cette déchirure d’embrun à l’écrin indigo
fine seule et belle
le rire d’onde plissé en œil

nouvelle

la fin hisse
se retire
désir désabondé
la joie crie
terre

fragilité d’opale
cataclysme majeur la secousse fissure
bris de roches
d’un tremblement incertain
la vrille spirale en chute de fuite

est ce définitif ?

l’entrejambe de sang
déserre
le licou d’hypnos
de la vague meurtrière
le désir ravage
fil tendu
perdu aux lèvres de dédain

un hiver
la brume

lancinance
les assauts de l’humidité

ne se laissent voir
comme une vague voile

ce trajet parfois permettrait des percées et le silence débouchait sur la
lumière

blanche,

au loin une aspiration

un départ

est ce celle nichée au delà des mers

peut être

au creux des vallées si tu te penches tu vois des cavernes en friche au pieds des blés

derrière la porte deux poteaux entrecroisent le branchage au toit et parsèment le rouge

errance et enlacement aux points

les clous des poussières chavirent l’espace

le chemin est à prendre et se perdant dans les baies sauvages

mûres et chênes hachés au son taillé

cerises
rouge noires
dièse à la lune

l’Atlantique en pluie bruine au matin

à l’orient l’occident baille

mythe cycle et rythmes arrachent le pleur noué de la nuit

à marcher le pas élance

le jour
carné

se tait en naissant

tu te répands pollen
aux sourires de l’air

tu te vagues si vert
au creux
si tendre sur le bleu
profond
transe de la peau

marine à  fleur de vent
l’humain aspire en sève

femme
le brun rappelle l’eau à la terre

elle baiser elle gouffre en peau

comme elle une brise rappelle
les lèvres enroulent le poids des mots au seuil des yeux

mer
elle
aussi le fleuve

en brin sur l’éclat
calme profond
qui te regarde
embrasant

elle
Amina

renferme dans son geste
toutes les paroles non dites
et toujours
dans son geste
la tige ploie vers
toujours en mouvement
comme ces brindilles d’eau

qui
feu
se survivent
en
lac

immanquablement l’horizon est fusion

d’une ligne violette entre les deux bleus
qui en frémissent qui se rejoignent

je
disparais

et dire
revient

bouleverser l’ordre d’indicible

volcans souterrains juste une ride
comme une lèvre au coin des lèvres

comment y croire ,

les ailes papillons en déchirement sismique
de brin en brin

incrédule
l’herbe brune

embrun comme la rosée
silencieusement permettent la tendresse

L S amina 2008

Amina, c’est le nom que je te donne , sa farine touche à toutes les rives, je n’ose les dire,

la peau s’éclat soie noire comme nuit au soleil, elles pourraient disparaitre,

ce n’est que fruit et fleur
abeille mutine à rive d’elle
une carte marine charme
sombre la profondeur océane

les plis de la bouche touchent au bords de l’ébène

cœur mûre et l’œil serré
la peau brune
les veines d’un noir bleu de lave

lisses
tes cheveux ramenés comme deux mains saisissent le ciel,

geste alangui,
ce rouge carmin s’accorde à la pigmentation ,

isthme
le ciel déferle
bleu
profond comme la mer
rouge
fébrile ou tes vagues

murmurent

séisme,

entre les émeraudes qui te sont seins

azur

opale

retombe la courbe en frisson

tes doigts,
presque en frôlant se joignent, éparpillent le parfum

la magie rose et âpre violette mendiante de la journée

tu viens
luisante dans le réson, unissant ton et son

tienne
au jour Je vais puiser dans ce désert de poussière sale et équarri de bruit,

un coin de chaleur entaille le malheur, illusion et connivence
ta beauté,

féminité

homme
je vais creuser l’eau pour épancher la soif
la douleur sèche est raison
et je m’en vais chercher guérison,

les affres du vent

gué ou déraison

Amina ,
ce bref instant s’épelle de toutes les voyelles,

sève et âme, murmure et appel définitif,
salve douce et eau qui gronde,
staminal comme étamine.

© L S 2006